Suspension arrière Citroën (3) :
monogramme Dyane 6 Brekina

Page créée le 18/01/2024.

Principe envisagé

Ici encore, le but est le même que pour l’Acadiane Brekina, mais les moyens sont différents. Deux objectifs principaux : simplifier les opérations et représenter les batteurs à inertie de la suspension Citroën. Ces éléments typiques furent montés sur la Dyane jusqu’en 1972, alors que l’Acadiane n’en reçut jamais. Ils sont particulièrement visibles à l’arrière, mais ils existent aussi à l’avant.

J’ai appris en cherchant de la documentation que les batteurs étaient assez lourds (8 kg environ). À la réflexion, il fallait bien une masse importante pour que l’inertie puisse jouer son rôle.

Vue en coupe d’un batteur arrière de 2CV.
Photo Documentation Citroën.

Vue en coupe d’un batteur de suspension Citroën

Cette fois, plus de bras de suspension. Une tige verticale représentant le batteur sera soudée perpendiculairement au bout d’axe de la roue. Ce « batteur » sera inséré directement dans le châssis.

Le diamètre réel étant de 65 mm, celui de la tige du batteur sera de 0,75 mm, arrondi à 0,8, et celui de l’essieu, de 1 mm (valeur d’origine).

Il sera souhaitable de supprimer la grosse excroissance du moyeu, et par conséquent repercer l’axe plus profondément, avec le risque d’abîmer les roues, et cela va à l’encontre du but de simplicité recherché.

Principe du montage roue - batteur

Une idée se fait jour pour les roues avant : elles pourraient pivoter autour du batteur. Mais, pour respecter l’allure des roues braquées, il faudra que les axes soient inclinés — de combien ? Cela reste à déterminer.

Au contraire, à l’arrière, le plus difficile sera sans doute de maintenir les roues parallèles…

En fait, je considère deux solutions. La première, au centre de l’image ci-dessous, est la plus simple : les batteurs sont insérés dans l’aménagement intérieur, car il n’y a pas assez de matière dans le châssis. La seconde, à gauche, un peu plus compliquée, nécessite d’araser les moyeux proéminents et d’ajouter une plaque de polystyrène dans laquelle les batteurs seront fixés. Au prix de ce surcroît de complexité, l’allure sera beaucoup mieux rendue.

Les deux solutions

À droite, la situation initiale (très schématisée).

J’ai finalement choisi la deuxième solution.

Les opérations

Démontage

Ici, le démontage est moins facile que sur l’Acadiane, car il faut extraire un tenon coulissant comme un tiroir à l’arrière, représentant la plaque d’immatriculation. Pour le reste, se reporter à la page précédente.

Vue de la voiture démontée

Usinage du châssis et de l’aménagement intérieur

Sur le châssis, j’arase les anciens supports de l’axe arrière. Une pince coupante à ras est idéale pour cela.

Je décape la peinture sous les retours d’ailes arrière de l’aménagement intérieur. Je préparer des rectangles de polystyrène 6,7 × 2,8 ép. 1 mm, puis je les colle en place. J’ai utilisé de la colle liquide Faller Super-Expert no 170490, la Kibri no 39996 essayée auparavant ayant donné un mauvais résultat.

Collage des pièces en polystyrène

Je perce à ⌀ 0,8, profondeur de 2 à 2,5 mm, entraxe 10,6 mm, à 5,8 mm du bord arrière selon ce plan :

Plan de perçage

Perçage de l’aménagement

Cliquez sur la photo pour une vue rapprochée.
Remarquez les cales de polystyrène ép. 0,5 placées de part et d’autre des pièces collées pour garantir le serrage dans l’étau.

Préparation des roues

Dans une plaquette de bois (ç’aurait été mieux en verre-époxy), j’usine un trou borgne de ⌀ 5 × 1 avec une fraise. J’y place la roue privée de son pneu, intérieur vers le haut, puis l’ensemble dans l’étau de la mini-perceuse sensitive munie d’un foret ⌀ 1. Je repère la hauteur du moyeu, puis je règle la butée pour percer dans l’axe sur une profondeur de 2 mm.

Perçage d’une roue

Cliquez sur la photo pour une vue rapprochée.
Attention : la roue doit être maintenue dans le support pendant les opérations.

Sans modifier la position des pièces, je mets une fraise ⌀ 3 dans le mandrin et je fraise le moyeu sur une profondeur de 1 mm. J’ébavure éventuellement. Je fais de même pour l’autre roue.

Fraisage d’une roue

Cliquez sur la photo pour une vue rapprochée.

Préparation des pièces en maillechort

Je coupe deux longueurs de 6 mm de rond maillechort ⌀ 0,8 (les « batteurs ») ; j’arrondis leurs extrémités.

Je coupe une longueur de 14,5 mm de rond maillechort ⌀ 1. Cette longueur est exactement celle de l’axe fictif de l’essieu arrière. Je chanfreine légèrement les extrémités. J’y monte les roues pour vérifier que la largeur hors tout ne dépasse pas 16 mm. Lorsque c’est correct, j’enlève les roues.

Mesure de la largeur de l’essieu

Dans la même plaquette que précédemment, je perce deux trous ⌀ 0,8 × 1 distants de 10,6 mm. Je place dans chacun un segment de rond ⌀ 0,8. Perpendiculairement, à plat sur le support, je place l’axe ⌀ 1 au contact des précédents et je le maintiens avec des brucelles croisées, en égalisant le dépassement de chaque côté. Je soude les trois pièces à l’étain-argent.

Soudage des batteurs

Je dégraisse l’ensemble et je le brunis.

Assemblage

Je remets les pneus sur les roues, puis je les monte sur l’axe. Je fais un essai de montage à blanc de l’ensemble dans le châssis et l’aménagement. Noter que, pour le moment, l’aménagement et le châssis ne sont pas correctement assemblés.

Essai de montage

Essai de montage

Avant collage définitif, un peu de peinture : plaques blanches, en Humbrol acrylique gris foncé mat no 32 (le noir no 33 peut convenir aussi) ; intérieur des roues, même teinte. Je gratte la peinture bleue qui recouvrait la plaque d'immatriculation, ce qui fait apparaître la couleur noire de la pièce.

Je remonte la caisse, ce qui me permet de mieux juger de l’aspect final. En réglant la hauteur de suspension, on peut représenter une voiture plus ou moins chargée.

Vue de profil

La hauteur satisfaisante trouvée, je démonte, et je coupe l’axe à ras des « batteurs ».

Axe coupé

Je les colle dans leur logement à la CA en vérifiant le parallélisme. C’est terminé.

Le résultat

Dyane, vue de trois-quart arrière droit

Cliquez pour une vue rapprochée du batteur arrière. En fait, je trouve que la représentation du bras de suspension manque, quand même… Mais je n’ai pas dit mon dernier mot !

Dyane, vue de trois-quart arrière gauche

Cliquez pour une vue rapprochée de la rouille qui a commencé à attaquer l’aile avant ! En fait de rouille, l’explication est que les ailes avant, peintes en bleu, font partie de l’aménagement intérieur orange. Il a suffi d’un petit éclat de peinture pour faire apparaître la matière sous-jacente.

Dyane, vue de trois-quart avant droit

Dyane, vue de l’arrière

Dyane, vue de dessous

Colle cyanoacrylate

Le respect de l’entraxe est facultatif ;
Neanmoins, il permet de faire des vérifications
sur la voiture jusqu’au dernier moment,
avant de couper l’axe définitivement.